Les
agriculteurs demandent les mêmes mesures que les pêcheurs
Gros consommateurs de gazole, les
agriculteurs demandent à bénéficier eux aussi de compensations pour affronter la
hausse galopante du carburant. Les exonérations de charges sociales font aussi
partie de leurs revendications.

Les mesures
décidées par le gouvernement pour venir en aide aux marins pêcheurs dont
l'activité est affectée par l'envolée des prix du gazole, ont fait bondir
Jean-Marie Roger, le président dela
FDSEA (Fédération départementale des
syndicats d'exploitants agricoles) :"Le président de
la République est allé en
personne soutenir les pêcheurs et leur a accordé des mesures qu'on nous disait
impossibles à obtenir, comme les exonérations de charges, plus une baisse
conséquente du coût de l'énergie". Le syndicaliste roussillonnais fait un
constat amer : "une fois de plus les producteurs méditerranéens sont les
cocus de la politique agricole française" (NDLR : les pêcheurs dépendent du même
ministère) .
Il tient toutefois à faire une énergique mise au point :
"qu'on me comprenne bien, nous ne sommes pas contre le fait qu'on aide les
pêcheurs, bien au contraire mais nous ne comprendrions p as que legouvernement
ne se penche pas aussi sur notre cas, car nous sommes dans la même situation.
Pour le moment, nous privilégions le dialogue à l'action, et c'est pourquoi nous
avons dans un premier temps sollicité nos parlementaires en demandant, nous
aussi, une entrevue au président. Si ça marche pour les autres, pourquoi pas
pour nous ?"
Le cas des serres
Dans l'agriculture des P.-O.
certains secteurs sont encore plus affectés que d'autres, car si les tracteurs
sont gourmands en gazole, les maraîchers qui chauffent leurs serres consomment
des volumes encore plus importants, comme le précise Jean-Marie Roger :
"Chauffer une serre coûtait jusqu'à maintenant 8 à 10 euros le m 2 par an.
Sachant qu'un hectare, ce sont 10 000 m 2 , faites le calcul ! De plus, nous
payons le transport de nos produits jusqu'aux lieux de consommation et la hausse
des carburants va renchérir ce coût".
Pourtant, la semaine avait bien
commencé pour Jean-Marie Roger qui est très vigilant sur le processus
"Euroméditerranée". Ce dispositif lancé en 1995 prévoit de créer une zone de
libre échange autour de la
Méditerranée.
Forum à Perpignan de l'Euroméditerranée
Une
perspective redoutable pour le président de la
FDSEA qui souligne la distorsion des
coûts et des charges sans commune mesure avec les pays du Sud et de l'Est de
Mare Nostrum : "Un forum euroméditerranéen doit être organisé pour mettre à
plat tous ces problèmes et en mai, j'ai écrit au président de la
République pour lui
demander qu'il se tienne à Perpignan. Mardi, avec la
Chambre et les JA 66, nous avons eu
une entrevue au ministère en compagnie de MM. Alduy, Mach et Calvet.
Nous
avons obtenu que ce forum se tienne bien à Perpignan pendant le premier semestre
2008. Il est important de ne plus gérer les crises au coup par coup, mais
d'avoir une lisibilité à long terme". Enfin, il tire les leçons de la crise
pétrolière :"Voilà ce qui se passe quand on n'a pas l'indépendance
énergétique. Si l'agriculture est sacrifiée, il peut se produire la même chose
avec la nourriture".
Bernard Rieu
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vendredi 9 novembre 2007