La réglementation phytosanitaire européenne n’est pas
harmonisée
Les producteurs de fruits et légumes en
colère
Les
producteurs de fruits et légumes ont conduit plusieurs actions dans
l’Hérault pour protester contre les distorsions de concurrence qui
résultent des diverses réglementations phytosanitaires en Europe. La
grande distribution demande de régler la question au plus
vite.
Des
producteurs de fruits et légumes, à l’appel de
la FDSEA et des Jeunes
Agriculteurs de l’Hérault, ont retiré des rayons de l’hypermarché Géant
Casino de Montpellier, le 5 février, les fruits et légumes provenant
d’autres pays européens, pour protester contre les différences de
réglementation sur les produits phytosanitaires entre
la France et ces pays.
Certains de ces produits importés sont cultivés en utilisant des
molécules phytosanitaires interdites en France. Les producteurs français
dénoncent une situation qui génère des distorsions de concurrence au
sein même du marché communautaire. En toile de fond de ces actions, le
Grenelle de l’environnement, à l’issue duquel le gouvernement français a
décidé de réduire de 50 % l’usage des pesticides, si possible dans les
dix ans qui viennent.
Principe de précaution…
Le même jour
et sur le même mot d’ordre, une opération « péage gratuit »
sur l’autoroute A9, près de Montpellier, était organisée par une
cinquantaine d’agriculteurs, toujours à l’initiative des FDSEA et JA de
l’Hérault. Les manifestants ont prélevé dans deux camions immatriculés
en Espagne, quelques courgettes marocaines et des tomates espagnoles
qu’ils ont envoyées à la
Direction de la concurrence
et des fraudes pour les faire analyser. Si les analyses devaient révéler
la présence de pesticides interdits en France, les producteurs
demanderont l’interdiction de ces produits sur le territoire français
« en application du principe de précaution » cher aux
conclusions du Grenelle et à Nicolas Sarkozy, a déclaré le président des
JA de l’Hérault Jean-Pascal Pelagatti.
Pour
la FNPL
(producteurs de légumes) et la FNPF (producteurs de fruits),
ces actions sont « le révélateur d’un malaise et de vraies
iniquités pour les producteurs français ». Les deux
organisations professionnelles affirment vouloir « relayer les
difficultés, bien réelles, dénoncées par les producteurs », se
solidarisant ainsi avec leur grogne. Elles en appellent à la
« responsabilisation de l’ensemble des acteurs pour refuser de
participer à un dumping environnemental, économique et social sous
couvert de liberté de commerce », et attendent des autres
acteurs de la filière « des règles déontologiques garantissant
la construction d’une filière équitable et
durable ».